Les suivants – quatrième partie

« Les enfants s’il vous plait arrêtez de courir comme ça, vous ne savez pas qui vous pouvez rencontrer ici » rappela Limeh aux deux jeunes homins quand ils les rejoignirent à l’étable.
« Je sais, Mam » grimaça Feuor en avalant distraitement une nouvelle graine.
« Bon où allons-nous en premier? » demanda Chao-Li à ses compagnons de voyage.
« J’ai quelques commandes à livrer pour commencer » lui répondit Limeh, fouillant dans un sac rempli de vêtements et d’armures légères.
« Tout comme moi, je t’accompagne Limeh » Ajouta Naom’Chi.
« Bon hé bien il semble que ce soit toi, moi et les enfants » dit Feier’an.

Limeh et Naom’Chi prirent à gauche au croisement situé non loin, avançant à pas rapides vers la place du marché où elles avaient prévu de rencontrer leurs clients. Les clients n’étaient pas les seuls à apprécier leurs marchandises, les commerçants locaux étaient également ravis de pouvoir faire un peu de troc et de réapprovisionner leurs stocks. La place du marché était donc devenue leur point de rendez-vous privilégié à chaque venue en ville et pour les livraisons des commandes.

Chao-Li, Feier'an, Feuor et Nih’na partirent dans la direction opposée, bien décidés à visiter la ville en elle-même, et pourquoi pas dénicher quelque chose à manger avant de repartir vers la place du marché.
Ils marchaient paisiblement, traversant de petites avenues animées, bordées de commerces dont les tenanciers vantaient les mérites à pleins poumons. C’était l’une des raisons pour laquelle ils avaient pris cette route; c’était dans ces commerces que les objets les plus rares et les plus intéressants étaient proposés. Remontant lentement l’avenue, ils relevèrent la tête des étals en distinguant dans le brouhaha une voix qui prenait le pas sur les autres. Suivant cette voix ils arrivèrent bien vite sur une large intersection où une petite foule était amassée autour d’une fontaine.

A côté de la fontaine se tenait un Matis, tenant dans ses mains de nombreux prospectus et brochures. Les premiers rangs de la petite foule en avaient déjà en main, alors que le Matis continuait à crier « ils se sont calmés actuellement mais ils reviendront, ils reviennent toujours. Rejoignez l’académie Defencia aujourd’hui et rendez votre village plus sûr ! »
« Quelle est cette académie dont vous parlez? » demanda Chao-Li, une fois arrivé un peu plus près de l’orateur.
« C’est une école où les jeunes combattants, guerriers, mages et magiciens reçoivent une formation de base » répondit le matis fièrement, brandissant immédiatement une brochure. Chao-Li accepta le cadeau et y regarda de plus près.
« Quelles sont les conditions et pour lutter contre qui recrutez-vous ? » demanda Feier’an, supposant que ce n’étaient là que les divagations d’un homin un peu trop pâle.
« Les Kitins bien sûr, ils n’attendent que leur chance de contre-attaquer et de reprendre nos terres. » lui répondit l’homin, clairement interloqué par l’ignorance de ces visiteurs qui ignoraient apparemment la plus grande menace d’Atys.
« Mais ce sont des histoires anciennes, la Karavan et les kamis les ont chassés, c’est pour cela que nous pouvons marcher paisiblement sur la surface! » Feier’an répondit rapidement, ne voulant pas que cet homin inquiète les enfants.
« Du calme, Feier’an. Même si il exagère sans doute un peu la chose, il y a tout de même du vrai dans ses paroles. » remarqua Chao-li, finissant de parcourir le texte. « Ceci dit que l’académie Défencia assistera et formera tout homin, quel que soit son âge ou sa condition, à trouver sa voie. Mais ça ne sera qu’une préparation pour ce qui arrivera peut-être… Vous ne proposez pas de formations plus complètes ? » demanda le zoraï à l’homin.
« Non, nous pouvons simplement apprendre les bases à tout homin, voir quelles sont ses affinités et l’aider au maximum dans cette voie. » lui répondit le matis, distribuant encore de nouvelles brochures aux passants.
« Je vois, et donc quand est-il possible de s’inscrire pour cela? » demanda Chao-Li. Feier’an et les enfants ne pouvaient détacher les yeux de Chao-Li.
« Quand cela vous conviendra monsieur, et ce n’est pas très éloigné d’ici. Passez au travers de deux arches de racines, prenez à gauche et vous verrez les portes de l’académie. » lui répondit le Matis, s’inclinant avant de partir.
« Chao-Li à quoi penses-tu ? Tu as ce regard une nouvelle fois… » murmura Feier’an.
« Hé bien… Il a raison et tu le sais. Peut-être que ce serait le mieux pour nos enfants. Tu te rappelles de notre rencontre bien sûr… » répondit Chao-Li, toujours absorbé par sa lecture, le cerveau en ébullition.
« Oui bien sûr… mais les enfants?? Que se passe-t-il pour eux?? »
« Je veux être un guerrier papa ! Je veux porter épées et piques ! » ajouta Feuor immédiatement. Il n’avait entendu que des bribes de conversation mais il en avait saisi le sens et vite compris sa chance de vivre son rêve de devenir aussi fort que les gardes de la cité.
« Uhm… » fut tout ce que Feier’an pu dire avant l’intervention de Nih’na.
« Et je veux prendre la voie du magicien, père! »
« Je me suis déjà bien entraîné papa! » cria Feuor, attrapant la dague que son père portait habituellement à la ceinture et l’agitant frénétiquement.

Feier’an en perdit presque son flegme en voyant son fils manier la dague, mais il devait reconnaître qu’il ne la maniait pas si mal… Continuant d’agiter la dague, Feuor se laissa emporter par une de ses attaques et frôla d’un peu trop près un muret tout proche, s’écorchant la main. Feier’an remit bien vite la main sur son arme qui réintégra son fourreau et sorti le sac pour les premiers soins. Nih’na le bouscula alors, se précipitant vers le jeune Tryker.

« Tu ne fais vraiment pas attention, montre moi ta main! » elle criait presque, attrapant la main de son jeune ami avec la sienne, la petite blessure commença rapidement à se refermer, laissant apercevoir une petite orbe bleutée qui tournoyait dans la main de la jeune homine. Rapidement, les cris de Feuor cessèrent et sa main redevint comme neuve.

« Savais-tu Chao-li ? » demanda Feier’an à son compagnon alors qu’ils observaient tous deux les enfants.
« Non, absolument pas, mais il semble que ce soit le destin qui ait choisit de se révéler à nous. » lui répondit Chao-Li en se dirigeant vers sa fille. « Je vois que tu as hérité des capacités de soin de ta mère Nih’na. »
« Père… j’ai... J’ai juste ouvert un de ses vieux livres… » lui répondit Nih’na, essayant d’excuser son comportement, ne pas avoir avoué à ses parents ses entraînements et l’accident avec Feuor.
« Ahhh n’aie pas honte Nih’na, il semble que tu possèdes un don tout à fait naturel pour les arts du soin. Ta mère sera ravie de l’entendre. » la réconforta Chao-Li, examinant par ailleurs les doigts de Feuor.
« Feier’an ton fils est entre de bonnes mains, il ne reste pas une égratignure! »
« Bien alors effectivement ce ne peut être qu’un signe du destin… » « Merci Nih’na! Mais… Quel est le fond de ta pensée sur tout cela mon ami ? »
« Je pense que nous devrions apprécier le reste de cette journée comme il se doit et comme nous l’avions tout d’abord prévu. Ensuite, ce soir, nous nous assiérons et parlerons de tout cela. » lui répondit Chao-Li, plaçant la brochure de l’académie dans son sac.
« Oui, cela me semble juste. Apprécions cette journée autant que nous le pourrons. Quand nous reviendrons à la maison, ta mère me cassera sans doute en plusieurs morceaux pour ne serait-ce qu’avoir pensé à cette possibilité Feuor » répondit Feier’an en riant.

Ils continuèrent donc leur exploration des rues et des allées de la ville jusqu’à se qu’ils soient rejoints par ces dames, enfin déchargées de toutes leurs marchandises.

La fin de journée s’écoulait calmement, paisiblement, laissant à ces homins le temps de leurs réflexions.

Les suivants – cinquième partie

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