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Déclaration Universelle des Droits de l'Homin

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Déclaration Universelle des Droits de l'Homin

Préambule
La Déclaration Universelle des Droits de l’Homin constitue une avancée majeure dans la reconnaissance des homins en tant qu’entité unique et donc dans la reconnaissance de l’espèce homine. Le présent texte a été inspiré par un texte que Still Wyler a présenté au gouvernement de Fair Haven en 2507 pour combattre l’esclavage. Le texte définitif a été amendé et ratifié par les quatre peuples homins en 2518 sous l’impulsion de Wyler ; en voici le contenu :

Article 1
L’hominité n’est pas divisible. Chacun des quatre peuples représente un quart équivalent de l’hominité. Tout homin est un membre équivalent de l’espèce homine.

Article 2
Tous les homins naissent libres et égaux en dignité et en droit.

Article 3
Personne ne doit être maintenu en esclavage ou en servage. L’esclavage et le commerce d’esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

Article 4
Un homin n’est ni un animal, ni une machine, ni un objet. Un homin se distingue du règne animal, des objets ou des machines par sa capacité à prévoir et à planifier un ensemble d’actions, ce qui indique la présence d’une âme. En conséquence, un homin ne saurait se réduire à l’ensemble des organes qui permettent à son corps de fonctionner.

Article 5
Tout homin, quels que soient sa race, son âge, sa nationalité ou sa religion, a le droit de choisir son apparence et la façon dont il s’habille.

Article 6
Tout homin a le droit d’exercer un métier dans tous les états libres homins dans la limite des lois de la nation concernée.

Article 7
Tout le monde a droit à un accès équitable à la technologie, la magie, la médecine et l’éducation pour améliorer son développement personnel.

Article 8
Les savoirs et les formations les plus élevés doivent être accessibles à tous de manière égale sur la base du mérite personnel.

Article 9
Personne ne doit illégitimement agresser autrui.

Article 10
Indépendamment de sa race ou de sa couleur, un homin doit secourir promptement tout homin blessé et le soigner jusqu’à son rétablissement. Le non respect de cet article constitue une violation des droits fondamentaux de l’homin.

Le prix du sang (1 comment)

Added by Chroniques d'Atys over 5 years ago

Seconde partie

Le choc fut monstrueux. Les soldats des deux camps entrèrent au corps à corps avec une violence inouïe. Propulsé en arrière, je m’écrasai avec fracas dans la sciure.

Autour de moi les premiers combattants tombaient déjà. Certains disparaissaient, comme aspirés par le sol, je voyais alors la résurrection par les puissances pour la première fois.

À ma gauche gisait un Matis mort, le corps broyé et le visage défiguré, tel un cri de douleur à la vue de tous. Il n’avait visiblement pas eu la chance d’être ressuscité. Pourquoi Jena ne le ramenait-elle pas ? Pourquoi un autre et pas lui ? Sur quels critères se faisait le choix ? La régularité de nos prières, le nombre de nos confessions ? Ou tout était-il déjà écrit… ?

La rage m'envahit soudainement. Je me relevai rapidement, agrippant ma pique comme jamais. Je n’allai pas mourir aujourd’hui, j’allai venger mes frères, je massacrerai ces païens...

Tel un homin pris de démence, je me jetai dans la mêlée, l’arme pointée en avant. Ma pique transperçait les armures de mes ennemis les unes après les autres tandis que je parais les coups qui m'étaient destinés. Je n'étais plus maître de moi : la haine me contrôlait entièrement.

Le combat dura de très longues minutes, chacun des camps semblant prendre l'avantage sur l'autre, mais seulement pour un court instant. C'est alors que soudain, venant briser la routine de la bataille, un Matis hurla :

« Regardez !! Thesos brûle !! »

Tous les regards se portèrent vers l’ouest. Nous pouvions distinguer, à travers la fumée, la gigantesque tour de garde rongée par les flammes. Un frisson de bonheur traversa tout mon corps. Le Karin Stevano avait accompli sa mission,Thesos brûlait ! Autour de moi, les cris de gloire matis s'élevaient en l'honneur de Jena, comme si la victoire était à portée de main.

Mais ma joie fut de courte durée, laissant place à une horrible sensation de douleur : la lame d’une épée venait de transpercer mon torse. Pétrifié par la souffrance, je tombai à genoux en crachant du sang. Devant moi, un guerrier équipé d'une armure noire me fixait. Il posa son pied sur mon buste, retira son épée d’un geste brusque et poursuivit le combat...

Couché sur le ventre, j’essayai désespérément de ramper dans la sciure malgré la douleur, comme pour fuir la tâche rouge qui s'élargissait autour de moi.Mais c'était trop tard, mes forces m'abandonnaient... Un bourdonnement grandissant envahit ma tête, chaque respiration devint de plus en plus difficile. Malgré tous mes efforts pour rester lucide, mon esprit commençait à s'éloigner, mes prières envers Jena perdaient leur substance... Et pour finir, ma vue lâcha.

C’était la première fois que je mourais…

Le retour fut tout aussi douloureux que le départ. Je repris mes esprits près du vortex de Thesos, un mal de crâne puissant tambourinant mes tempes. Instinctivement, je posai ma main sur mon torse à l'endroit ou l’épée m’avait transpercé quelques minutes plus tôt. Plus aucune trace de blessure n'était visible...

Quelle joie, Jena m’avait ramené ! J'aurais pu connaître une mort définitive sur le champ de bataille, mais le destin en avait décidé autrement.

Faisant fi de ma vision brouillée et de mon ouïe défaillante, je me levai tant bien que mal, m’appuyant sur la paroi. Mes sens reprirent peu à peu le dessus. Autour de moi, nombre de mes compagnons d'infortune sortaient eux aussi de cet état léthargique.

Je ramassai une hache qui traînait sur le sol, prêt à retourner sur le champ de bataille malgré mon horrible migraine. C'est alors que j'aperçus le Karin en personne. Il nous faisait face, à nous autres soldats matis, demandant notre attention, les bras levés. Lorsque nous fûmes tous prêts à l'écouter, il prit la parole.

« Sujets, soldats ! Les adorateurs du démon ont commis le pire des sacrilèges : ils ont capturé notre Karan ! Il est certain qu'à présent ils ne rêvent que d'une chose : nous anéantir tous jusqu'au dernier et fouler de leurs pieds barbares le sol béni de notre capitale. Mais nous ne les laisserons pas faire ! Jamais ! Montrons à tous la fierté et le courage des Matis ! Notre devoir est de protéger la Source Cachée jusqu'à notre dernier souffle ! Pour mon père, pour Jena, en route !! »

Ces paroles résonnèrent dans ma tête comme un coup de massue. Le Karan captif ? Impossible, inimaginable… Nous avions pourtant réussi à faire brûler Thesos ! Nous étions si proche de la victoire…

« Ils approchent, ne perdons pas de temps ! », cria un soldat.

Les Fyros chargeaient en effet... Malgré le choc, je passai rapidement le vortex avec les autres guerriers, me téléportant ainsi des kilomètres plus loin jusqu'aux Sommets Verdoyants. Sur place, l’atmosphère était beaucoup plus agréable : pas de chaleur suffocante, pas d’odeur de brûlé, seulement une brise légère accompagnée du doux parfum des fleurs du désert matis.

Le Karin Stevano rassembla prestement ses troupes un peu plus loin sous une tour de défense pour prendre à nouveau la parole.

« Soldats ! Nous allons tout faire pour empêcher les barbares d’aller plus loin sur nos terres. Ne faiblissez pas, je n’accepterai aucun échec ! »

Les premiers Fyros commençaient déjà à sortir du vortex. Il n’y avait plus de temps à perdre. Je grimpai dans la tour hâtivement, ramassai une mitrailleuse lourde et la plaçai sur un créneau.

Nous devions venger la capture du Karan et la mort de nos frères d'armes, nous devions protéger nos terres. Je chargeais mon arme et me mis en position de tir. Je n'hésitai pas à l'actionner dès que le premier Fyros fût à portée de feu. L’arme vibrait entre mes mains dans un vacarme assourdissant. Les barbares tombaient comme des feuilles, leurs corps déchiquetés par les balles des Matis.

La situation devint toutefois vite incontrôlable, les Fyros continuaient à arriver et les soldats matis commençaient à plier sous le nombre. Les sapeurs fyros s'attaquèrent alors aux fondations de la tour, qui se mit à tanguer dangereusement.

Je me précipitai vers l’escalier, essayant à tout prix de sortir de ce piège. Mais le sol se déroba sous mes pieds. La chute était inévitable. Je traversai les étages, emportant des poutres dans ma chute. Mon corps se brisa à l'impact du sol. Totalement paralysé par la douleur et les blessures, je regardais comme un simple spectateur la scène qui se déroulait autour de moi : des païens achevaient froidement les blessés restés sur le sol tandis que les autres tiraient dans le dos de ceux qui essayaient de fuir. Certains éclataient de rire, le visage dénaturé par la folie et la haine.

La tour finit par s’écrouler entièrement, les poutres de bois s’écrasant tout autour de mon corps mutilé. Je n’avais plus aucune chance, j’allais mourir pour de bon. Au-dessus de moi, un énorme bloc de bois se rapprochait inéluctablement et étrangement, je le voyais arriver comme au ralenti. Ma vie défilait devant mes yeux. Mon enfance, mon homine, mes enfants, mes erreurs, mes regrets… Le bloc se rapprochait, je fermai les yeux, attendant la mort.

Ma seconde renaissance fut accompagnée de maux de têtes plus violents que la première. Un Matis m’attrapa par le col de l’armure et me secoua tout en criant. Je le voyais à peine, lui qui semblait s'époumonner en silence. Comme la première fois, mes sens reprirent le dessus quelques minutes plus tard.

« Tout va bien ! Arrête de crier, tout va bien ! Jena t’a ramené à la vie, nous sommes au Tertre de la Dissidence. »
Pris de nausées, je me laissai tomber à genoux.

Le matis continua comme si de rien n’était :

« Inutile de te presser, nous avons de toute façon perdu cette bataille… Les Fyros contrôlent entièrement la Source Cachée. C’est par chance qu’ils ont décidé de ne pas aller plus loin »

M’essuyant la bouche avec le bras je bégayai quelques mots :

« Et …et pour notre Karan ? »

L’homin me regarda d’un air triste.

« Nous n’en savons pas plus pour le moment. Le Karin Stevano va bien. Il nous a dit de rentrer à Yrkanis. Ceux qui n’ont pas la chance d’avoir un pacte de téléportation sont déjà sur la route…»

Tout était donc fini, nous avions perdu. L’Empire fyros avait complètement balayé notre armée, notre défaite était totale.

J’avais eu la chance de survivre, Jena m’avait ramené deux fois à la vie. Mais pourquoi, pourquoi moi ? Je me sentais presque coupable, beaucoup de mes frères étaient morts aujourd’hui… Alors que moi, je vivais. Jamais je n’aurais espéré avoir cette chance. Louée soit-elle, louée soit notre déesse. J’allais revoir ma famille, je n’étais pas mort !

Ce terrible jour allait être gravé à jamais dans la mémoire des Matis. Il affichait le commencement d’une ère très sombre. Notre Karan s’était fait capturé, les Fyros avaient envahi une partie de nos terres, nous avions payé le prix du sang.

Extrait du journal de Vito Bendi, un militaire matis

La Légende d'Anlor Winn

Added by Chroniques d'Atys over 5 years ago

"Anlor Winn", le Vent Maléfique... Ces simples mots suffisent depuis toujours à faire frissonner d'effroi les petis enfants trykers. Mots associés à maintes histoires terrifiantes et autres légendes arrachées au passé...

"Anlor Winn", le Vent Maléfique qui, se glissant à la faveur de la nuit, recouvre parfois insidieusement l'innocente Ecorce d'Atys toute entière, réveillant en chaque homin, en chaque homine, ses plus sourdes terreurs d'enfant...

"Anlor Winn", d'après une rumeur persistante, devrait bientôt revenir perturber nos âmes (*), infiltrant en nous des visions étranges, maléfiques...

Légende ou réalité ? Vérité ou halluscination ? Nul ne peut en être certain...

[HRP] Du 30 octobre au 1er novembre 2011 [/HRP]

La Voie Divine

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Yrkanis, Fils de Yasson, Karan du Royaume des Sommets Verdoyants, dirigeant suprême des destinées du Peuple Matis, Envoyé de la Déesse sur Atys, héritier de Zachini, ferma les yeux.

La communion avec Jena, Mère de l’Écorce, Génitrice de toute Vie, avait toujours été la base de son existence. Cela l'était encore plus dans l'épreuve qu'il traversait actuellement.

Une sensation étrange envahissait Yrkanis de plus en plus fréquemment. Il lui semblait qu'il s'était temporairement éloigné de ce suprême réconfort, de cette lumineuse béatitude, pendant qu'il menait le Peuple vers sa glorieuse destinée, vers l'inévitable confrontation.

Le Roi devait reconnaître que son adversaire de toujours avait tenu parole. Plutôt que de laisser libre cours à ses probables envies de vengeance après les terribles mois de guerre, l'Empereur Dexton avait fait installer son royal prisonnier dans une aile reculée du palais de Pyr. Le couloir qui menait à sa chambre était solidement gardé mais les gardes avaient reçu pour consigne de lui être agréables dans la mesure du possible.

Yrkanis adressa une courte prière à la Déesse. Quiconque serait entré à ce moment aurait eu du mal à penser que le Roi était là en prisonnier.

"Ô Jena, Créatrice de toute Vie, Toi qui as vaincu le Grand Dragon,
Toi qui m'as envoyé répandre ta bénédiction et être le relai de ta Lumière,
Toi qui veilles sur tous Tes Enfants et qui leur montre la Voie,
Entends ma Prière, Écoute la supplique de Ton Fils !

Protège ton Peuple bien aimé,
Aide-le à surmonter cette épreuve
Donne-lui la Force de trouver la Voie Juste
Et insuffle ton Esprit à Celui qui le Guide.

Ô Jena ... Bénie sois-tu, Mère d'Atys !"

Pourtant, une nouvelle fois, la prière ne lui apporta pas le réconfort total auquel il était habitué, qui lui donnait la divine certitude, la confirmation de la Déesse que ses actions étaient justes et qu'Elle les soutenait.

Tout le monde les soutenait, d'ailleurs. Pourquoi le Karan des Sommets Verdoyants, agissant avec toute la puissance divine dont il était investi, ressentait-il autant ce besoin de justification, de comprendre comment il en était arrivé là ?

Yrkanis dit à voix haute, en Mateis : "Nya ore ereiseiti aiya et mera". Nous avons fait ce que nous devions, ce que la Déesse voulait. Les paroles résonnèrent étrangement aux oreilles du Roi, reflétées par les murs au décor à la fois élégant et brut du peuple du désert.

Les doutes qui avaient assailli Yrkanis juste avant le dénouement de la guerre réapparaissaient à présent quotidiennement. A l'époque ils avaient rapidement été balayés. Tout le Peuple était derrière son Karan, et, au premier rang parmi les Sujets, le Karin Stevano. Son enthousiasme et sa vigueur avaient été déterminants dans les préparatifs. A nouveau, l'inquiétude s'empara du Roi prisonnier. Jena accepterait-elle de donner toute sa force à son fils pour qu'il mène le Peuple Matis avec sagesse pendant son exil ?

Il était tôt, trop tôt. Les Sommets Verdoyants devaient retrouver leur guide et leur grandeur.

Le Karan apparut dans l'encadrement de la porte. Immédiatement un garde s'avança et se planta devant lui, silencieux.

"Je souhaite une audience."

Période de Floraison

Added by Chroniques d'Atys over 5 years ago

Le printemps de l'année 2553-2554 fut le début de grandes festivités pour le peuple Matis. Ce printemps annonca l'arrivée du Karin Stevano à l'âge de raison, où un Matis se doit de se marier afin d'assurer descendance et prospérité à sa lignée.
Le protocole fut appliqué à la lettre pour ce mariage princier ,dont les préparatifs furent longs et coûteux pour le peuple Matis.

On commenca par préparer un grand concours de duels à l'arène pour que le peuple et son Karin puissent montrer à tous leur grande maitrise des armes et leur supériorité au combat.
La grande gagnante, Serae Sitys, eut l'immense honneur de combattre contre le Karin en personne, et les trois finalistes, Serae Sitys à la première place, Ser Bouigisymo à la seconde place et Ser Jinkil à la troisième place, se virent anoblir. Le Karin démontra sa supériorité absolue sur le Peuple Matis en remportant son duel contre cette noble homine.

Le Karan annonça ensuite officiellement le début des préparatifs d'un grand bal , au cours duquel le Karin viendrait à rencontrer les homines sélectionnées pour être ses prétendantes.
Toutes les quatre de très nobles familles matis, celles-ci étaient préparées depuis leur plus tendre enfance à cet honneur. Elles furent encadrées et chaperonnées par les Nobles siègeant à la Chambre des Nobles.

La Reine organisa un cours de bienséance afin de rafraîchir la connaissance par le Peuple du protocole, de la révérence à l'invitation d'une homine pour le bal, dans les plus pures traditions matis. Ce fut également l'occasion d'introduire auprès du Peuple une nouvelle danse des plus élégantes.

Après de longues délibérations, les Nobles choisirent Serae Maelya Rianiso pour être la cavalière du Karin. Le début du bal fut grandiose, mais un terrible incident se produisit : Serae Maelya Rianiso tenta de poignarder le Karin, et des maraudeurs vinrent lui prêter main forte.
Après quelques instants de confusion, le Peuple Matis tout entier défendit son Karin et la Serae fut faite prisonnière.

Un procès fut instauré afin de comprendre les motivations de cette homine de bonne famille. Des révélations plutot macabres furent mise à jour sur ce que certains Nobles étaient prêts à faire pour garder leur titre. On apprit que la vraie Serae Maelya était retenue par les maraudeurs et que c'était sa soeur jumelle qui, après avoir été vendue et faite passée pour morte par son père, était revenue se venger. Cette dernière, pour soulager son âme du remord, aida les nobles et le peuple à retrouver la trace de sa soeur, mais hélas trop tard.

Après cet incident, les préparatifs du mariage reprirent et les Nobles durent faire un nouveau choix parmi les trois dernières prétendantes. Ils choisirent Serae Miela Fera, reconnue pour son engagement militaire et son adresse au maniement des dagues. Elle fut choisi malgré les rumeurs qui couraient sur elle et un soit-disant homin. Seule homine dans une famille de trois homins, elle montra peu sa joie en apprenant être la future princesse et resta parfaitement digne et distinguée. Ser Rodi di Varello publia le choix des Nobles, demanda a ce que le peuple prépare des prières, la robe de la mariée ainsi que la tenue du Karin, et se charge de la liste des invités diplomatiques.

Le grand jour enfin arriva et les témoins de cet événement rare furent choisis pour leur adresse au maniement des armes. Des duels furent organisés pour montrer à tous la force du peuple matis. Les grands gagnants, Ser Markanjio et Ser Bouduk, furent anoblis et devinrent respectivement les témoins du Karin et de Serae Miela Fera. La grandiose cérémonie ne fut que brièvement troublée par l'irruption d'un Kamiste extrémiste venu pour tenter de tuer le Karan. Les Gardes Royaux d'Yrkanis s'occupèrent rapidement de lui.

Enfin, la Période de Floraison s'acheva lorsque Ser Girini di Antorello prononça l'union du Karin et de la nouvelle princesse. Le Peuple salua les mariés selon la tradition avant qu'ils ne se retirent discrètement au Palais Royal. De nombreux présents furent offerts par le Peuple. Certains furent surprenants et contraires à la tradition Matis, telle cette pioche offerte à la Princesse !

Erlan, Chroniqueur
in Les Chroniques d'Erlan, 1er CA 2556.

Le prix du sang

Added by Chroniques d'Atys over 5 years ago

Première partie

Yrkanis-Karan se tenait face à nous, droit et fier, rayonnant de toute sa grandeur. D’un regard insondable, il balaya ses troupes. Son visage cachait son anxiété à la perfection, sa sérénité affichée inspirait confiance.

Comment le Karan faisait-il ? Je me sentais si faible à côté de lui, insignifiant, tremblant dans mon armure. Les rumeurs disaient que l’armée Fyros était beaucoup plus grande que la nôtre, que nous n’avions aucune chance de victoire. Malgré ma foi inébranlable en notre Roi, cela faisait quelques jours que je doutais... Néanmoins, jamais je n’aurais imaginé ce qui allait arriver…

« Sujet ! Soldats ! Le jour tant attendu est enfin arrivé ! »

Le Karan se retourna brusquement, pointant son bras devant nous.

« Voici pourquoi nous sommes là ! A l’ouest s’étend l’Empire des barbares. »

« Ces adorateurs du démon nous narguent depuis trop longtemps : ils se déplacent librement sur nos terres et vont même jusqu'à piller nos ressources et tuer mes Sujets ! Mais cet affront n'a que trop duré. Aujourd’hui, nous allons leur montrer que personne ne peut se jouer impunément des Matis ! Aujourd’hui, Thesos brûlera ! »

« J’ai besoin de courageux volontaires pour cette tâche des plus délicates ! »

Je regardais discrètement autour de moi. Personne ne disait mot, attendant tous que d’autres se désignent. Quant à moi, j’étais trop terrifié, trop peu confiant. Mes épaules n’auraient jamais pu porter une telle responsabilité… A ma grand surprise c’est le Karin Stevano qui prit la parole.

« J’irai Père, vous pouvez compter sur moi. »

Yrkanis regarda son fils, comme étonné. L’annonce imprévue du Prince eut pour effet de rassurer le reste de l’armée. Deux soldats sortirent donc des rangs, se proposant à leur tour.

« Bien ! Puisse Jena vous protéger. Cette tâche est capitale ! »

Le Karan scruta une dernière fois son armée en silence, se retourna, puis avança vers l’ouest. Stevano fut le premier à lui emboiter le pas, suivi du reste des Matis. Nous marchions en silence, le vent brûlant battait nos visages asséchés. Nous pouvions déjà apercevoir la tour de garde de Thesos au loin, projetant son ombre sur la sciure du désert.

Soudainement, le Karan s’arrêta et leva la main pour faire signe de ne plus continuer. Un nuage de sciure apparut à l’horizon. Le sol commençait à trembler. Levant la tête, j’entendis les cris des guerriers fyros. Ils arrivaient.

Je regardais autour de moi, lisant l'impatience d'en découdre, mêlée à une légère incertitude sur le visage de mes frères. Seul Yrkanis et le Karin restaient impassibles. Qu’ils étaient beaux, baignés de toute cette lumière ! Ils semblaient intouchables, immortels...
Le Karan dégaina l’emblématique pique royale et la pointa vers le ciel.

« Nulle peur en nous, Matis, nul doute ! Votre Karan est avec vous, Jena est avec nous ! Soyez forts. Soyez fiers ! Jena Aiye ! », cria-il.

Autour de moi tous étaient suspendus aux lèvres d’Yrkanis. Nous serrions nos armes, puisant notre force dans ce discours du Karan. Les levant vers le ciel, nous nous mimes tous à hurler en cœur :

« Jena Aiye ! Jena Aiye ! Jena Aiye ! »

Les Fyros avançaient au rythme des tambours et des chants de guerre. Les rumeurs étaient donc fondées, leur armée surpassait largement la nôtre. La peur recommençait à m’envahir. Peut être était-il encore temps de fuir ? Maudissant ma lâcheté, je serrais ma hache de toute mes forces. Non, jamais. Jamais je n’abandonnerai. Si je devais mourir aujourd’hui, ce serait fièrement au côté des Matis. Et non pas en tant que lâche !

Arrivée à cent mètres de nous, l’armée des barbares s’arrêta. Un Fyros se détacha du groupe et marcha dans notre direction. Il tenait dans sa main une énorme épée enflammée. C’était donc lui Dexton ? L’Empereur des Fyros ? Quel piètre chef. Il ne dégageait rien comparé à l’aura magnifique de notre Karan.

« Sujets ! Soldats ! L’Empereur Dexton a accepté une dernière Rencontre. J’irais donc seul, n’attaquez en aucun cas avant mon ordre. Nous ne déclencherons pas les hostilités lâchement mais dans l’honneur et la lumière de Jena ! »

Je regardais mon Roi s’avancer vers les Fyros. Quel courage, quelle assurance ! J’étais prêt à mourir pour lui, j’étais prêt à tout.

Le Karan s’arrêta devant Dexton, le regardant des pieds à la tête, comme pour le jauger.

« Empereur Dexton ! Nous nous connaissons depuis longtemps, nous avons appris à nous connaître et à respecter nos rivalités. Au nom de ce respect qui est cher à Jena je te le demande une dernière fois, es-tu prêt à reconnaître les fautes de ton peuple et à sacrifier ton orgueil pour la paix et la liberté ? »

« Je n’ai que faire des mots de celui qui veut envahir le désert ! Tu payeras le prix du sang pour cette attaque ! », cria Dexton en frappant le premier coup.

« Jena te fera payer ta vanité, Empereur Dexton ! », rétorqua Yrkanis, tout en parant l'attaque de sa pique.

Le moment était enfin arrivé : le combat avait commencé. Face à nous, les premiers barbares s'élancèrent. Dans mon esprit embrouillé, tout semblait fonctionner au ralenti. Je m’élançai à mon tour, privé de toute pensée, m'écriant de toute mes forces :

« Jena Aiye ! Jena Aiye ! YRKANIS AIYE ! »

Extraits du journal de Vito Bendi, un militaire matis.

Courrier en provenance de Thesos

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Le crépuscule tombait sur Thesos, Eunix Apocaps tendit une missive à Euton Xalon...

- Tu peux la porter au plus vite au celiakos Mephyros Xytis...
- Bien.

Ce dernier se dépêcha et déposa à l'aube la lettre au secrétariat du Sénat.

Celiakos Mephyros Xytis,

Le convoi apportant l'eau de la route de l'eau est bien arrivé à Thesos, nous en avons fini le déchargement ce soir même. Cette eau était plus que nécessaire et soulagera énormément les habitants de Thesos.

Nous finissons également à l'heure de réparer les derniers dégâts causés lors de l'attaque de notre ville. Certes, la ville restera meurtrie pendant de longues années et il lui faudra plusieurs mois pour se remettre économiquement, mais elle s'en remettra.

Au nom de Thesos et ses habitants, je tiens à remercier tous ceux ayant participé à la concrétisation de ce miracle !

Eunix Apocaps, Sage de Thesos

Les Contes de la Fête des Réfugiés

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En 2555 se déroula la première Fête des Réfugiés. Cette fête naquit de la volonté de conserver la mémoire du Grand Essaim. Afin de ne jamais oublier ce qu'ont vécu les homins à cette époque, cette fête se tiendra toutes les cinq années de Jena. Elle commémore la remontée à la surface des homins ayant fui les Kitins à travers les Primes Racines, découvrant ainsi un monde nouveau et inexploré : celui des Nouvelles Terres.

L'oeuf est le symbole de cette fête. En effet, tel l'homin voyant enfin la lumière du jour après avoir passé des années enfermé dans les Primes Racines, l'oisillon sort de sa coquille. L'oeuf symbolise la nouvelle vie des réfugiés sur ces terres inconnues.

A l'occasion de cette première fête, de nombreuses festivités autour de l'oeuf furent proposées. Le dernier jour, le Zoraï Kapiang Piai Fi organisa une Veillée aux Contes. Au bois d'Almati, au plus près du danger kitin toujours présent, il invita les homins à faire partager leurs souvenirs, contes, légendes et poèmes autour du Grand Essaim, de l'Exil et de la Remontée des Primes Racines.

Afin de se souvenir de l'inconnu et de l'imprévu auxquels étaient soumis les Réfugiés à cette époque, chaque conteur put ouvrir un oeuf. Certains eurent de bonnes surprises, d'autres moins.

Lire les Contes

Convocation royale

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Stevano caressait du bout des doigts le bois du trône royal, sur lequel il se tenait depuis de longues minutes. Un sourire subtil se dessina sur ses lèvres.

"Yene, le peuple n'est que trop resté dans l'incertitude, depuis cette bataille aux conséquences regrettables. Il est temps que je m'adresse à lui et que, par la grâce de Jena, je prenne les choses en main. Fais convoquer tous les Sujets du Royaume au Belvédère pour le Prima, Floris 7, 4e CA 2555. (*)"

Tapie dans l'ombre, Yene s'inclina avec respect.

"Il en sera fait selon Votre désir, Karin."

Peu après, des affiches furent placardées dans toutes les villes matis, convoquant les Sujets au Belvédère à la date voulue par Stevano.

(*) [HRP] Le mardi 3 mai à 21h00

Convocation Impériale

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L'Empereur Dexton faisait les cent pas dans son bureau. Face à lui se tenait Epus, son Conseiller, imperturbable.

"Comment ont-ils osé s'en prendre à l'Empire alors que je..."

Les mot se turent dans sa gorge. Toute faiblesse physique était pour un Fyros un déshonneur, et Dexton ne souhaitait pas repenser à sa lente et longue déchéance.

"Epus, fais convoquer mon peuple ! Que le crieur public clame à travers tout le Désert Ardent que l'Empereur parlera aux Patriotes le Quinteth, Folially 17, 4e CA 2555 (*) à l'Agora de Pyr, en présence du sharümal !

Les mots du Conseiller Impérial, pourtant prononcés d'une voix neutre, claquèrent aux oreilles de Dexton.

"Je regrette mais cela sera difficile, sharükos... Mekorius Icaseus est mort, et aucun autre crieur ne s'est proposé pour le remplacer."

- Par les Quatre Piliers Impériaux, faut-il que je fasse tout moi-même ici ? Débrouille-toi ! Va le crier toi-même s'il le faut ! Mais que les Patriotes soient tous présents ! J'ai une déclaration à leur faire...

(*) [HRP]Le lundi 2 mai à 21h00

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